Faits insolites sur Big Ben

Une horloge de tour du 10-neuvième siècle qui fonctionne toujours accumule des anecdotes. Les plus connues sont vraies, quelques-unes sont fausses, et plusieurs relèvent de la mécanique pure.

On règle l'horloge avec des pièces de monnaie

Une petite plateforme est fixée sur la tige du pendule. Poser une pièce dessus rapproche le centre de gravité de l'axe, raccourcit la période d'oscillation et accélère l'horloge. Un penny d'avant 1971 modifie la marche d'environ quatre dixièmes de seconde par jour. Les horlogers du Parlement ajoutent ou retirent des pièces, parfois des demi-pennies, jusqu'à ce que la dérive s'annule. Aucun instrument électronique n'intervient dans ce réglage.

Il y a une cellule de prison dans la tour

Le Parlement dispose du pouvoir d'emprisonner pour outrage à la Chambre, et la tour Elizabeth contient une cellule à cet usage. Elle a servi rarement. Son dernier occupant fut le député Charles Bradlaugh, en 1880, qui refusait de prêter serment sur la Bible. Il y a passé une nuit.

La tour penche

Le sommet de la tour est décalé d'environ 23 centimètres vers le nord-ouest par rapport à sa base, soit une inclinaison de l'ordre d'un demi-degré. La cause tient au sous-sol argileux et aux travaux voisins, notamment le creusement de la ligne Jubilee et du parc de stationnement souterrain de Bridge Street. Le mouvement est suivi au millimètre. Au rythme mesuré, il faudrait plusieurs milliers d'années pour atteindre l'inclinaison de la tour de Pise.

Big Ben n'est pas la tour

Le nom désigne la cloche de 13,7 tonnes. La tour s'est appelée Clock Tower jusqu'en 2012, puis Elizabeth Tower. L'usage a tranché autrement, et même les guides officiels emploient Big Ben pour l'ensemble.

Une lampe dit si le Parlement siège

La lampe Ayrton, installée en 1885 au-dessus des quatre cadrans, s'allume lorsqu'une des deux chambres est en séance. Elle porte le nom d'Acton Smee Ayrton, commissaire aux travaux. Éteinte pendant les deux guerres mondiales, elle a été rallumée en 1945.

Des étourneaux ont retardé l'horloge

Le 12 août 1945, une nuée d'étourneaux s'est posée sur la grande aiguille d'un cadran. Le poids a fait perdre 4 minutes et demie à l'horloge. Ce n'est pas le seul incident du genre : en 1962, la neige et le givre accumulés sur les aiguilles ont retardé les 12 coups du Nouvel An de 10 minutes.

Une seule panne longue en un siècle et demi

Le 5 août 1976, la fatigue du métal a rompu l'arbre du mécanisme de sonnerie des quarts. Le rouage s'est emballé et a détruit une partie du beffroi. L'horloge a été partiellement arrêtée pendant 9 mois, la remise en service complète datant de mai 1977. C'est l'interruption la plus longue de son histoire, hors restauration.

Les cadrans ont retrouvé leur bleu d'origine

Le décapage mené pendant la restauration de 2017 à 2022 a mis au jour la polychromie prévue par Pugin, un bleu de Prusse pour les aiguilles, les chiffres et les encadrements. Le noir que tout le monde connaissait datait du vingtième siècle. Les cadrans ont été repeints en bleu, ce qui a surpris une partie du public à la réouverture.

La cloche fêlée n'a jamais été refondue

La fissure ouverte en septembre 1859 est toujours là. Plutôt que de refondre une troisième fois, on a tourné la cloche d'un quart de tour et allégé le marteau. Le timbre légèrement faux qui en résulte est devenu la signature sonore du monument, diffusée par la BBC depuis 1923.

Deux hommes se disputent le nom

Sir Benjamin Hall, commissaire aux travaux au moment de l'installation, a son nom gravé sur la cloche. Ben Caunt, boxeur poids lourds célèbre dans les années 1850, avait le même surnom. Aucun document d'époque ne permet de départager les deux hypothèses.